RUSHMATIC

HUMEURS & BICYCLES ASSORTIS
PENDANT CE TEMPS SUR GRAVILLON.NET #07
Mon père ce cycliste
Henri a célébré ses 70 ans le 15 mars. Une vie qui aurait pu être différente avec le vélo. Une vie qui a été très différente en son absence. Voici, en quelques lignes, le récit de la légende de ce cycliste. Mon père.
Sa carrière démarre à l’instinct. Volontaire, un tantinet inconscient, il participe à sa première course à l’âge de 18 ans, en 1962, une semaine après avoir reçu son premier vélo en cadeau. Sa fougueuse monture est un Royal Asport dont il porte fièrement la marque sur son premier maillot. Installé à Libourne, célèbre pour sa confluence de l’Isle et la Dordogne, il multiplie les participations aux épreuve locales, tentant de maîtriser les finesses d’un revêche dérailleur. Il signe sa première victoire sous les couleurs de la Société Cycliste Athlétique Libournaise (SCAL) dans le Médoc, à Queyrac, compensant des talents modestes de grimpeur par des qualités avérés de descendeur qui lui permettent de l’emporter au terme de 15 tours. À la faveur d’un dernier virage dont les gravillons ont projeté ses deux adversaires hors de la trajectoire idéale.
Le temps est déjà au sponsoring. Chicorée Leroux est le bienfaiteur de l’équipe. À la prime de course versée par l’organisateur, le partenaire rajoute un pécule calculé au prorata des kilomètres gagnants dont le montant modeste, réglé tardivement, ne fait pas tourner les têtes de ces rouleurs amateurs. Les récompenses sont faibles au regard des efforts fournis, quand chaque moment est prétexte à entraînement. Henri doit également composer avec des contraintes majeures : pensionnaire dans un établissement situé à Égletons, aux confins du Limousin, il ne dispose pour rouler que des vacances scolaires, puis des permissions accordées au cours de son service militaire en 1964 et 65. Il profite de toutes les opportunités pour abattre des kilomètres et participer aux épreuves nombreuses de la région. Le Grand Prix de la Victoire, course traditionnelle organisée le 8 mai à Bordeaux, est son jardin. Il compte dans son équipe des valeurs locales, comme son ami Francis Campaner (qui lui offrira un maillot Mercier Hutchinson auréolé de palmarès), qui s’illustreront bientôt sur les grandes courses. Il côtoie également, en quelques occasions, des pointures professionnelles internationales telles que Luis Ocaña, Raymond Delisle, Désiré Letort ou Bernard Labourdette. Mais le temps du choix se profile déjà. Jusqu’à ce jour de 1966, fatal à toutes ses velléités de carrière sportive, que son père commerçant choisit pour brandir une menace : “Je te préviens, si tu ne reprends pas l’affaire, je vends !”. Cette affaire est donc entendue.
Jeune adulte accaparé par son métier d’artisan, il continue pourtant de profiter de la moindre occasion pour rouler en solitaire et échapper à l’espace confiné de son atelier. Dans certaines occasions, au gré des soirs d’été ou des dimanches ensoleillés, il entraîne un fils peu averti dans son sillage. L’adolescent pataud cale dans les bosses et freine exagérément dans les descentes, n’exploitant que très partiellement le matériel de haute volée dont il dispose. D’un voyage professionnel à Saint-Étienne, ils ont en effet ramené une superbe bicyclette bleue Manufrance à laquelle Raymond Poulidor a associé son nom. Ce lettrage blanc brille comme de l’or dans le flou des souvenirs d’une époque qui m’a permis de goûter aux premiers efforts au guidon. Comme le damier de mon premier Peugeot. Au fil du temps, au gré des soucis, Henri a raccroché. Suspendant son vélo dans un grenier. Vivant au rythme des pelotons télédiffusés. Et me laissant le soin de perpétuer, avec mes compagnons de l’aventure Gravillon, la tradition du cyclisme familial.
L’épopée d’Henri en quelques photos.
Une tentative de blog revendiquée par Rushmatic & Gravillon

PENDANT CE TEMPS SUR GRAVILLON.NET #07

Mon père ce cycliste

Henri a célébré ses 70 ans le 15 mars. Une vie qui aurait pu être différente avec le vélo. Une vie qui a été très différente en son absence. Voici, en quelques lignes, le récit de la légende de ce cycliste. Mon père.

Sa carrière démarre à l’instinct. Volontaire, un tantinet inconscient, il participe à sa première course à l’âge de 18 ans, en 1962, une semaine après avoir reçu son premier vélo en cadeau. Sa fougueuse monture est un Royal Asport dont il porte fièrement la marque sur son premier maillot. Installé à Libourne, célèbre pour sa confluence de l’Isle et la Dordogne, il multiplie les participations aux épreuve locales, tentant de maîtriser les finesses d’un revêche dérailleur. Il signe sa première victoire sous les couleurs de la Société Cycliste Athlétique Libournaise (SCAL) dans le Médoc, à Queyrac, compensant des talents modestes de grimpeur par des qualités avérés de descendeur qui lui permettent de l’emporter au terme de 15 tours. À la faveur d’un dernier virage dont les gravillons ont projeté ses deux adversaires hors de la trajectoire idéale.

Le temps est déjà au sponsoring. Chicorée Leroux est le bienfaiteur de l’équipe. À la prime de course versée par l’organisateur, le partenaire rajoute un pécule calculé au prorata des kilomètres gagnants dont le montant modeste, réglé tardivement, ne fait pas tourner les têtes de ces rouleurs amateurs. Les récompenses sont faibles au regard des efforts fournis, quand chaque moment est prétexte à entraînement. Henri doit également composer avec des contraintes majeures : pensionnaire dans un établissement situé à Égletons, aux confins du Limousin, il ne dispose pour rouler que des vacances scolaires, puis des permissions accordées au cours de son service militaire en 1964 et 65. Il profite de toutes les opportunités pour abattre des kilomètres et participer aux épreuves nombreuses de la région. Le Grand Prix de la Victoire, course traditionnelle organisée le 8 mai à Bordeaux, est son jardin. Il compte dans son équipe des valeurs locales, comme son ami Francis Campaner (qui lui offrira un maillot Mercier Hutchinson auréolé de palmarès), qui s’illustreront bientôt sur les grandes courses. Il côtoie également, en quelques occasions, des pointures professionnelles internationales telles que Luis OcañaRaymond Delisle, Désiré Letort ou Bernard Labourdette. Mais le temps du choix se profile déjà. Jusqu’à ce jour de 1966, fatal à toutes ses velléités de carrière sportive, que son père commerçant choisit pour brandir une menace : “Je te préviens, si tu ne reprends pas l’affaire, je vends !”. Cette affaire est donc entendue.

Jeune adulte accaparé par son métier d’artisan, il continue pourtant de profiter de la moindre occasion pour rouler en solitaire et échapper à l’espace confiné de son atelier. Dans certaines occasions, au gré des soirs d’été ou des dimanches ensoleillés, il entraîne un fils peu averti dans son sillage. L’adolescent pataud cale dans les bosses et freine exagérément dans les descentes, n’exploitant que très partiellement le matériel de haute volée dont il dispose. D’un voyage professionnel à Saint-Étienne, ils ont en effet ramené une superbe bicyclette bleue Manufrance à laquelle Raymond Poulidor a associé son nom. Ce lettrage blanc brille comme de l’or dans le flou des souvenirs d’une époque qui m’a permis de goûter aux premiers efforts au guidon. Comme le damier de mon premier Peugeot. Au fil du temps, au gré des soucis, Henri a raccroché. Suspendant son vélo dans un grenier. Vivant au rythme des pelotons télédiffusés. Et me laissant le soin de perpétuer, avec mes compagnons de l’aventure Gravillon, la tradition du cyclisme familial.

L’épopée d’Henri en quelques photos.

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LA S!RÈNE PAR LA QUEUE #30
La musique des Warlocks s’apparente à ces braises qui ressurgissent, au gré d’un courant d’air, sous les cendres sombres. Une énergie lascive et continue, tout en guitares, qui ne demande qu’à brûler. Le dernier album du groupe californien - “Skull Worship" - ne déroge pas à cette règle mélodique. Dans la lignée des précédentes productions, il délivre un son puissant, long et lancinant, qui s’empare des esprits. La voix déroule sa monotonie fascinante et révèle sa parenté certaine avec le phrasé et l’univers du Velvet. Un langueur musicale qui se meut souvent en alerte interprétation. Prenant possession du cœur et des entrailles. Dans l’ardente étreinte d’une salle de concert.
La Sirène - La Rochelle - 25 février 2014
Une tentative de blog revendiquée par Rushmatic
© Martin Masmontet

LA S!RÈNE PAR LA QUEUE #30

La musique des Warlocks s’apparente à ces braises qui ressurgissent, au gré d’un courant d’air, sous les cendres sombres. Une énergie lascive et continue, tout en guitares, qui ne demande qu’à brûler. Le dernier album du groupe californien - “Skull Worship" - ne déroge pas à cette règle mélodique. Dans la lignée des précédentes productions, il délivre un son puissant, long et lancinant, qui s’empare des esprits. La voix déroule sa monotonie fascinante et révèle sa parenté certaine avec le phrasé et l’univers du Velvet. Un langueur musicale qui se meut souvent en alerte interprétation. Prenant possession du cœur et des entrailles. Dans l’ardente étreinte d’une salle de concert.

La Sirène - La Rochelle - 25 février 2014

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© Martin Masmontet

PENDANT CE TEMPS SUR GRAVILLON.NET #06
Le traffic jam apprivoisé
New York aime rouler. Adore s’afficher. Et tandis que certains frôlent audacieusement le bitume, d’autres brandissent leurs boîtiers pour immortaliser des instants cyclistes. Fraîchement installé aux États-Unis, Artyom Sklyarov est directeur de création dans une société marketing et s’enthousiasme chaque jour de nouvelles découvertes. Qu’elles soient roulantes ou flamboyantes. ”Tim" fluidifie la circulation. Il se joue des encombrements et publie des images embarquées qui plongent dans la réalité de la city. Des clichés qui sont autant d’échos iconographiques aux textes de David Byrne, avide cycliste de ces sentiers urbains.
Une tentative de blog revendiquée par Rushmatic & Gravillon

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Le traffic jam apprivoisé

New York aime rouler. Adore s’afficher. Et tandis que certains frôlent audacieusement le bitume, d’autres brandissent leurs boîtiers pour immortaliser des instants cyclistes. Fraîchement installé aux États-Unis, Artyom Sklyarov est directeur de création dans une société marketing et s’enthousiasme chaque jour de nouvelles découvertes. Qu’elles soient roulantes ou flamboyantesTim" fluidifie la circulation. Il se joue des encombrements et publie des images embarquées qui plongent dans la réalité de la city. Des clichés qui sont autant d’échos iconographiques aux textes de David Byrne, avide cycliste de ces sentiers urbains.

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INCARTADE #108

De la dictature de la Chose technologique

La technologie suit le flux et reflux du quotidien. Elle accompagne les premiers soubresauts sentimentaux. Attise cette passion, vibrante et éclairée. Et lorsque les liens se resserrent, que l’appareil communicant rejoint le rang utilitaire, apparaît peu à peu le travers. L’usage outrancier. La vie laisse s’immiscer un compagnon électronique dans tous les instants. Les doigts glissent d’avantage sur le clavier que sur la peau. Le toucher disparaît peu à peu. Affaiblissant le signal. Jusqu’à la suppression de la ligne. Sur un coup de téléphone.

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PENDANT CE TEMPS SUR GRAVILLON.NET #05
Façonner le cycle de ses mains
Helio Ascari s’est égaré quelques années dans les voies obscures de la mode. Avant de revenir sur le chemin éclairé du vélo. Aguerri très tôt au travail manuel, façonnant tour à tour le cuir et le métal, il s’est aisément tourné vers la fabrication artisanale de bicyclettes en 2011, créant la marque Ascari Bicycles. Associé à Gary Mathis, homme d’expérience du milieu cycliste, il propose aujourd’hui des créations en série limitée aux lignes classiques rehaussées de savantes touches fashion. Chaque vélo est assemblé dans leur atelier de Portland, dans l’Oregon, et marqué du sceau Ascari au terme d’une gravure minutieuse du logo et des insignes sur le cadre. Une personnalisation poussée à l’extrême sur des modèles tels que le “Copper" ou le "Royale" dont les embouts de guidon et bouchons de valve "Bullitt" reprennent la forme d’une balle. Ces gens ont de l’or dans les mains.
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Façonner le cycle de ses mains

Helio Ascari s’est égaré quelques années dans les voies obscures de la mode. Avant de revenir sur le chemin éclairé du vélo. Aguerri très tôt au travail manuel, façonnant tour à tour le cuir et le métal, il s’est aisément tourné vers la fabrication artisanale de bicyclettes en 2011, créant la marque Ascari Bicycles. Associé à Gary Mathis, homme d’expérience du milieu cycliste, il propose aujourd’hui des créations en série limitée aux lignes classiques rehaussées de savantes touches fashion. Chaque vélo est assemblé dans leur atelier de Portland, dans l’Oregon, et marqué du sceau Ascari au terme d’une gravure minutieuse du logo et des insignes sur le cadre. Une personnalisation poussée à l’extrême sur des modèles tels que le “Copper" ou le "Royale" dont les embouts de guidon et bouchons de valve "Bullitt" reprennent la forme d’une balle. Ces gens ont de l’or dans les mains.

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